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Sabina Spielrein « joue dans le ton juste » (traduction yiddish de Spielrein)

Dernière mise à jour : 15 mai 2021




Sabina Spielrein entre Jung et Freud, entre la judéité sans dieu de Freud et la chrétienté sans église de Jung ou la tentative de rapprocher les deux "maitres" dans la création d’un être hybride judéo-chrétien ou ariano-sémitique. Cette femme disparue de l’histoire de la psychanalyse est née le 7 novembre 1885 à Rostov-sur-le-Don en Russie, et morte assassinée le 12 août 1942 dans la même ville par les Einsatzgruppen et son corps avec celui de ses deux filles jetées dans les fosses communes de la shoah. Elle a été une découvreuse de la psychanalyse, support de la passion dont les deux théoriciens masculins ont fait l’économie ; Freud et Jung l’ont utilisé, ont récupéré ses trouvailles[1]( le contre-transfert, l’anima, la pulsion de mort, le langage symbolique des enfants, le rapport entre biologie et psychanalyse…)

Juive comme Freud, russe comme les parents de Freud, elle renait à la vie et sort de sa psychose avec l’aide de Jung, fils de pasteur habité par le fantasme de la juive et les deux images de ses grands pères l'un Franc maçon et l’autre hébraïsant, militant pour une Palestine juive.

De la Spielrein, de la juive de Jung par leur relation charnelle, est mise à jour le contre transfert et l’anima de Jung. Devenu psychanalyste elle écrit un texte sur la: «destructivité comme origine du devenir » texte que Freud ne trouvera pas tout à fait transparent avouera t’il mais qu’il cite dans une note de bas de page dans « au-delà du principe de plaisir » en évoquant une anticipation de ce qu’elle caractérise la composante sadique de la pulsion sexuelle comme destructrice.

Ella a été la première à parler de la psychologie des enfants, a été la psychanalyste de Piaget pour une courte analyse et a ouvert la voie à un regard nouveau sur le langage symbolique des enfants.

Elle a affiché une volonté de réunir Freud et Jung, refusant de les opposer mais se rangeant cependant plutôt du côté du maitre, du père juif l’écoutant alors qu’il lui suggère d’abandonner la figure du héros germanique et souhaitant que son fils devienne un inébranlable sioniste rajoutant « nous sommes et restons juifs ; les autres ne feront que nous utiliser toujours sans jamais nous comprendre ni nous respecter »

Il n’y eu pas à proprement rupture de sa part avec Jung, le choix entre l’aryen et le juif ne se fit pas, il y eu bien création d’un nouvel être, hybride : une psychanalyste à part entière.


[1] Sur ce nom-là, Jacques Nobécourt in Entre Freud Et Jung, Aubier Montaigne, 2004.

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